Domaine Pons des amoureux du vin Bio !

Publié le par le consomacteur

Un article de notre réference en matière de vin Gerard Le Puill journaliste au journal l'Humanité ! Suite à ces conseils j'ai eu la chance de visiter la cave et de boire les vins de ce domaine je vous recommande vivement de faire de même pour le gout et l'esprit !


Domaine PONS GRALET 2 boulevard Jean Jaurès 66310 ESTAGEL 04 68 57 23 83 06 75 69 71 23 

Article de l’HD paru le 17 juillet Après le Nord et l’Ain, nous poursuivons cette semaine notre tour de la France rurale dans le Roussillon, où les vins doux naturels ont donné une certaine aisance aux vignerons jusqu’à la fin des années 1960. Puis ce fut une longue traversée du désert, quand les vins secs prirent l’ascendant. De nos jours, les muscat, banyuls et autres maury retrouvent une certaine cote. Mais les faibles rendements et les prix modestes de ces vins racés rémunèrent mal les producteurs. Christian Gralet et Hélène Pons ont pour leur part choisi de se lancer dans les vins biologiques. Et ont récolté beaucoup de travail en plus et de revenus en moins... Mais ils y ont aussi trouvé l’occasion de satisfaire leur amour commun de la vigne

Le Domaine Pons Gralet est une exploitation vigneronne de 7 hectares située sur la commune d’Estagel dans les Pyrénées Orientales. Le genre d’exploitation familiale où l’homme cultive sa vigne, vinifie sa production en cave particulière et vend directement son vin, ce qui implique souvent l’aide du conjoint, qu’il soit ou non sur l’exploitation à plein temps.

Coopérateur dans l’âme, Christian Gralet a longtemps porté son raisin à la cave. Mais il se posait beaucoup de questions sur les conséquences pour l’homme des traitements chimiques de la vigne, des sols et du vin lui même au moment de la vinification.

« À la cave coopérative, le président m’appelait toujours l’écolo, car je posais des questions dérangeantes. Je pratiquais ce que l’on appelle la lutte raisonnée contre les maladies de la vigne. Mes expériences et mes observations me conduisaient à utiliser beaucoup moins de produits chimiques que la plupart de mes voisins. De plus, je me sentais interpellé par les maladies de nos anciens qui avaient traité toute leur vie sans protections spécifiques et développaient des maladie comme le cancer, la leucémie, la maladie de Parkinson. J’ai donc souhaité que ma cave coopérative vinifie ma production en vin biologique, espérant que « d’autres vignerons prendraient le même chemin que moi », précise Christian Gralet. Mais la cave ne suivra pas « l’écolo ».Il décide donc en 2003 d’engager sa conversion en devenant vigneron bio avec vinification et vente directe en bouteille. Un pari fou et intenable sans la présence d’Hélène, son épouse. Christian et Hélène, c’est d’abord une histoire d’amour en seconde union avec famille recomposée. À quoi s’ajoute une passion commune pour le vin. Christian est un homme du cru, catalan depuis des générations. La famille d’Hélène est arrivée en France peu après la Première Guerre mondiale. Le grand-père était barcelonais et la grand-mère andalouse. Les cousins et cousines d’Hélène sont devenus fonctionnaires ou enseignants tout en restant imprégnés de la culture paysanne des grands-parents. Hélène a multiplié les expériences en gestion après ses études d’économie et cumulé les diplômes, dont le CAPES à 32 ans, pour devenir enseignante. Plus tard, un poste à Estagel lui fait rencontrer son vigneron de mari.

Dans le cadre de sa conversion en viticulture biologique, Christian doit d’avoir beaucoup appris auprès d’Alain Battlé, un fin connaisseur de l’agriculture biologique dont les conseils et les connaissances sécurisaient les nouveaux convertis. Aujourd’hui, il se dit heureux de faire son métier de A à Z : cultiver, vinifier, commercialiser. Mais il travaille beaucoup plus qu’avant et ce travail ne paie guère pour le moment.

« La vérité des chiffres est difficile, mais c’est mon salaire de prof qui fait vivre la famille », avoue Hélène.

En réalité, si l’exploitant peut mener à bien sa reconversion, c’est parce que sa femme apporte chaque mois un salaire de l’extérieur et joue en même temps un rôle décisif dans la gestion des comptes et dans la promotion des vins de la propriété. « On est complémentaires dans le travail comme dans la vie. La propriété, c’est un peu l’enfant que nous avons en commun. Nous la faisons grandir, évoluer et, moi, je suis plutôt dans le rôle de la mère dans la mesure où j’enfante le vin, Hélène tenant plutôt celui du père, en me libérant de tous les soucis de gestion et de marketing », avoue Christian.

L’homme marque une pause avant de poursuivre non sans émotion : « Avec Hélène, on est peut être des précurseurs dans la définition d’un nouvel avenir pour cette vallée de l’Agly, un avenir qui laissera quelque chose aux générations futures. Je vends facilement mes 10000 bouteilles de vin chaque année au point de manquer de stocks. Ma production est encore trop modeste car, sur huit hectares, trois sont de jeunes vignes. Nous sommes en progression et nous investissons pour améliorer le vignoble. Ma vision du bio n’est pas une recherche de réussite personnelle au sens financier du terme. » L’emploi du temps d’Hélène et Christian est serré. Aussi, nous avons discuté avec Hélène 24 heures après avoir écouté son mari. Elle, nous a indiqué que Christian a quitté la cave coopérative au moment où la rémunération des coopérateurs avait été réduite de 40 %, puis encore de 20 % l’année suivante en raison d’une conjoncture difficile. « Dans sa nouvelle aventure, je lui apporte un soutien moral, l’idée qu’on peut réussir. Nous avons créé une SARL (1). Mais, bien que j’y travaille beaucoup, cette entreprise ne me rapporte rien pour l’instant. Elle me bouffe même une bonne partie de mon salaire d’enseignante. Pour Christian, cette vérité des chiffres est parfois difficile à supporter, car mon salaire fait vivre la famille. »

Aujourd’hui, Christian se dit heureux de faire son métier de A à Z : cultiver, vinifier et commercialiser.

En France, des dizaines de milliers d’agriculteurs sont dans ce cas, à commencer par les plus jeunes quand ils ont la chance d’avoir un conjoint qui travaille à l’extérieur de l’exploitation. Cela ne démontre pas une quelconque absence de viabilité des exploitations concernées. Mais cette dépendance du revenu de sa femme permet à l’exploitant de rembourser de lourds investissements réalisés via des emprunts dans des délais normaux, alors que les prix agricoles sont anormalement bas. Le salaire de l’épouse est à la fois une caution appréciée des banquiers et le moyen de faire bouillir la marmite pour toute la maisonnée.

Comme une reconnaissance officielle de cet apport, les étiquettes du Domaine Pons Gralet font précéder le nom de famille de celle qui tient les comptes sur celui qui fait le vin dans une inversion de l’ordre alphabétique. Christian a voulu cet ordre en affirmant que cela donnait une meilleure sonorité, mais la signification est plus profonde. Les vignes du domaine donnent de faibles rendements sur des coteaux brûlés par le soleil. De tout temps, dans la vallée de l’Agly, ces terres difficiles étaient récupérées par les ouvriers agricoles quand eux mêmes devenaient vignerons. Hélène se plaît à imaginer que son fils de 16 ans s’y intéressera un jour. En attendant, le couple travaille et milite. Lui à la Confédération paysanne, elle au Parti communiste français.*

 

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